Rostock, Allemagne, 20 et 21 octobre 2026 : la sécurité des câbles et des installations reposant sous la surface des mers a rassemblé les membres du réseau OTAN d’échange d’informations sur les infrastructures sous-marines critiques. Derrière ce sujet technique se cache une préoccupation très concrète. Ces infrastructures assurent chaque jour des services dont dépendent les populations, les entreprises et les économies, et leur protection mobilise désormais un cercle d’acteurs de plus en plus large.
La réunion a réuni des représentants des pays de l’Alliance, des experts de l’OTAN et des exploitants d’infrastructures, ces derniers étant en première ligne pour surveiller et entretenir les réseaux concernés. Y ont également participé des représentants de l’Union européenne ainsi que des pays partenaires de l’OTAN, signe que la question dépasse le seul périmètre de l’Alliance.
Le contexte qui a dominé les échanges est celui des pratiques hybrides, présentées comme une menace croissante. Les participants ont cherché à identifier ce qui pouvait être fait concrètement pour renforcer la coopération, notamment par le partage de données, et pour mettre en œuvre des stratégies efficaces de sécurité des infrastructures sous-marines critiques. Trois axes ont structuré la réflexion : améliorer les capacités opérationnelles et l’aptitude à réagir rapidement, développer la résilience, et renforcer la coordination entre tous les acteurs concernés.
Pour les exploitants privés comme pour les gouvernements, l’enjeu du partage d’informations est apparu central. « Les données nous permettent de connaître la situation en temps réel et de renforcer notre vigilance. Le fait de les partager lie entre eux les gouvernements, les propriétaires et exploitants privés, et l’entreprise OTAN », a déclaré Jean-Charles Ellermann-Kingombe, secrétaire général adjoint de l’OTAN pour le cyber et la transformation numérique et coordonnateur spécial pour les menaces hybrides. Il a poursuivi : « Les infrastructures critiques sont prises pour cibles. Nous l’observons en Ukraine, ainsi qu’au travers des attaques hybrides menées par la Russie contre des pays de l’OTAN. Le réseau d’échange d’informations sur les infrastructures sous-marines critiques est au cœur de l’approche globale de l’OTAN en matière de lutte contre les menaces hybrides. »
Les participants ont également pu voir une exposition et une démonstration de technologies de pointe organisée par le secteur privé allemand. Y ont été présentés des drones de surface et des drones sous-marins sans équipage, des bâtiments modulaires sans équipage et des moyens de lutte contre les mines. Tous ces équipements sont conçus pour améliorer les capacités de détection, de surveillance et de réponse, c’est-à-dire la capacité à repérer plus vite ce qui se passe sous la mer et à agir en conséquence.
Cette réunion plénière a aussi marqué une nouvelle étape dans la vie du réseau lui-même. De nouvelles entreprises l’ont rejoint, et des partenaires de l’Indo-Pacifique et du Moyen-Orient y ont été associés pour la première fois, élargissant la géographie des échanges au-delà de l’Europe et de l’Atlantique Nord.
En clôture des travaux, M. Ellermann-Kingombe a remercié l’Allemagne, pays hôte, pour sa précieuse contribution à la sécurité des infrastructures sous-marines critiques, avant de livrer un message d’assurance : « Nous avons les ressources et l’expertise nécessaires pour relever avec détermination et confiance les défis liés à ces infrastructures. »
Au terme de ces deux jours à Rostock, le réseau affiche une ambition renforcée : resserrer la coopération entre États, exploitants et experts, s’appuyer sur les nouvelles technologies présentées par l’industrie, et étendre ses partenariats, afin que les infrastructures sous-marines dont dépendent tant de services essentiels soient mieux surveillées et mieux défendues face à des menaces hybrides jugées de plus en plus pressantes.